Rough gold and grey rock filling the frame inside the chamber

Le silence

Ce Que L'on Entend à L'intérieur D'un Volcan

À retenir

  • Les parois rugueuses et le sol accidenté absorbent les sons au lieu de les renvoyer.
  • Rien ici n'a été façonné par l'eau, et aucune eau n'y arrive.
  • Un espace vertical sans issue. L'air cesse de bouger peu après la descente.
  • Et entre deux trajets, un silence que la plupart des gens n'ont jamais entendu.

Ce que tous les récits mentionnent

Lisez suffisamment de témoignages directs sur ce lieu, et un constat s'impose. Les gens décrivent les couleurs, que l'on peut photographier. Ils décrivent l'ampleur, que l'on peut photographier. Puis, presque toujours, ils décrivent le silence, qui ne se photographie pas.

C'est l'impression la plus forte que laisse cette cavité, et aucune image n'a jamais réussi à la transmettre, ce qui est une bonne raison de la mettre par écrit. Fait inhabituel pour une sensation, elle s'explique aussi.

En bref : c'est un vaste espace souterrain dont l'acoustique se comporte comme celle d'une petite pièce capitonnée, et toutes les attentes que vous apportez des films, des grottes et des cathédrales sont fausses.

Pourquoi il n'y a pas d'écho

Un écho nécessite une surface qui réfléchit le son au lieu de l'absorber, ainsi qu'une géométrie qui renvoie cette réflexion vers vous. Les cathédrales réunissent ces deux conditions : une pierre dure et plane, des murs parallèles, une longue réverbération. Les grottes aménagées les réunissent souvent elles aussi, d'où le son auquel les visiteurs s'attendent.

Cette cavité ne possède ni l'un ni l'autre. Les parois sont extrêmement rugueuses à toutes les échelles, des bosses et saillies de la taille d'un mètre jusqu'à une texture de surface plus proche du mâchefer que de la pierre taillée. Les surfaces rugueuses dispersent le son dans toutes les directions au lieu de le renvoyer de façon cohérente, et chaque dispersion fait perdre de l'énergie.

Le sol accentue encore le phénomène, ou l'améliore selon ce que vous recherchez. C'est une pente de gravats anguleux et meubles, parsemée de poches d'air, très proche de la structure d'un absorbant acoustique. Un amas de roches brisées est un excellent moyen de faire disparaître un bruit.

La forme s'oppose elle aussi à la réverbération. Il n'y a pas de surfaces parallèles entre lesquelles le son puisse rebondir, et la seule direction offrant une certaine profondeur est vers le haut, dans un puits qui agit comme une cheminée pour tout son qui parvient à y monter.

The chamber wall in grey and gold above the rubble

Le puits vu depuis le sol, avec l'entrée comme petit point lumineux

Ce que cela donne

Les voix semblent proches et légèrement étouffées, comme si la personne se tenait plus près qu'elle ne l'est réellement. Elles ne prennent aucune ampleur et rien ne revient. Parler normalement à une distance de vingt mètres ne fonctionne pas vraiment : le son arrive affaibli.

Un cri ne porte pas comme vous vous y attendriez. Les visiteurs essaient et sont discrètement déçus, et cette déception en dit long sur la force avec laquelle nous nous attendons à ce qu'une grande salle souterraine résonne.

L'effet global est une sorte de matité acoustique que la plupart des gens n'ont connue que dans un studio d'enregistrement, appliquée à un espace de plus de cent mètres de haut. C'est véritablement déroutant pendant les premières minutes, car les oreilles signalent une petite pièce tandis que les yeux signalent une salle immense.

Ce qui est absent

Aucune goutte. C'est ce qui surprend les personnes ayant visité des grottes calcaires, où l'eau est à la fois l'architecte et la bande sonore permanente. Ici, rien n'a été dissous par l'eau : l'espace a été créé par le départ de roche en fusion, et aucun réseau d'eau souterraine n'alimente le plafond. La cavité est sèche et silencieuse, plutôt qu'humide et ponctuée de gouttes.

Pas de vent. En surface, l'Islande est rarement silencieuse, car l'air circule presque toujours au-dessus des étendues ouvertes, et vous cessez de le remarquer jusqu'à ce qu'il disparaisse. Il disparaît à environ trente mètres de profondeur. Le puits est sans issue, rien ne peut donc créer de courant d'air, et la disparition du bruit du vent est l'une des premières choses que la descente vous enlève.

Ni circulation, ni avions, ni machines. Cent vingt mètres de roche constituent une excellente barrière acoustique, et le monde de la surface devient totalement inaudible.

Pas d'écho

Les parois rugueuses dispersent le son au lieu de le renvoyer, et un sol de roches brisées et meubles absorbe ce qui reste. Un vaste espace qui sonne comme un petit.

Ce qui reste

Le treuil, qui fonctionne toutes les quelques minutes pendant que le groupe est descendu puis remonté. C'est un simple bruit mécanique et, dans un espace aussi mat, il arrive avec très peu de réverbération, ce qui le fait paraître plus proche qu'il ne l'est. La plupart des visiteurs le trouvent rassurant plutôt que gênant.

Les chaussures sur la roche meuble, le son dominant dès que quelqu'un se déplace, et d'une netteté inhabituelle puisqu'aucune réverbération ne le brouille.

Les voix, proches et étouffées. Puis, entre les trajets, lorsque personne ne marche et que le treuil s'est arrêté, un silence que bon nombre de visiteurs décrivent comme le souvenir le plus marquant de la journée. Ce n'est pas l'absence de bruit fort : c'est l'absence de tout, y compris le léger bourdonnement de fond présent partout à la surface et que vous n'avez jamais remarqué.

À faire délibérément

S'il y a un conseil à retenir de cette page, c'est de passer deux de vos soixante minutes immobile et sans parler. C'est peu de chose et presque personne ne le fait, car un groupe de cinq personnes qui vient d'être descendu dans un volcan a beaucoup de choses à se dire.

Choisissez un moment où le treuil est en haut et où le groupe est dispersé. Arrêtez de marcher. La cavité fera quelque chose qu'aucune photographie n'a jamais réussi à transmettre, et cela durera aussi longtemps que vous le souhaiterez.

Recommencez ensuite à parler, car les guides sont l'autre ressource précieuse là-dessous, et ils sont nettement plus instructifs que le silence.

Ce qu'aucune photographie ne transmet

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Avant de réserver

Est-ce bruyant ou silencieux à l'intérieur ?
Très silencieux. Le seul bruit régulier est celui du treuil et, entre les trajets, le silence est presque total.
Y a-t-il de l'écho ?
Presque pas. Les parois rugueuses dispersent le son et un sol de gravats brisés l'absorbe.
Pourquoi un grand espace ne produit-il pas d'écho ?
Un écho nécessite des surfaces dures, lisses et idéalement parallèles. Cette cavité ne présente aucune de ces caractéristiques.
Peut-on entendre la surface ?
Non. Cent vingt mètres de roche coupent complètement du monde extérieur.
Y a-t-il de l'eau qui goutte ?
Non. Ce n'est pas une grotte calcaire : rien n'a été dissous et rien n'arrive.
Y a-t-il du vent ?
Non. Le puits est sans issue, l'air cesse donc de circuler peu après la surface.
Les voix portent-elles ?
Moins que vous ne l'imaginez. Les sons paraissent proches et mats, et les cris ne portent pas.
Quel bruit fait le treuil ?
Simple, mécanique et plus proche qu'il ne l'est réellement, car rien n'en atténue le son. La plupart des visiteurs trouvent cela rassurant.

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